154                                           REGISTRES DU BUREAU                                        [i56a]
CCLX. — Pour cent mil livres tournois de rente vendue par le Roy à la Ville.
i3 novembre i562. (Fol. i56 r°.)
Du vendredi, xiu" jour de Novembre mil cinq cens soixante deux.
En Assemblée le jour d'huy tenue en l'Hostel de la ville de Paris de Mess™ les Prevost des Mar­chans, Eschevins et Conseillers d'icelle pour advi­ser sur certaine procuration passée par le Roy pour la vente de cent mil livres tournois de rente sur les biens de l'Esglize, désignez par lad. procuration, sont comparuz :
Monsieur Hennequyn, mons' de Ravenel, mons' mc Thomas Bragelongne, mons' Le Lievre, mons' Larcher, mons'Paluau, mons' Crocquet, mons' San­guyn , mons' Tanneguyn, sire Jehan Le Sueur.
A esté conclud et advisé, que veu et consideré le temps et necessitté de la guerre, qui sera contracté avecq le Roy de la vente desd, cent mil livres de rente en vertu de lad. procuration, en faisant puis après
lire et publier led. contract'1', ensemble lad. procu­ration et ratiffication dud. S'de lad. vente par toutes les Cours souveraines, et que les evesques, abbez et prieurs s'obligeront el feront obliger leurs recepveurs et fermiers, presens et advenir, envers lad. Ville et au Recepveur d'icelle, avecq puissance de les con­traindre comme pour les propres debtes et affaires du Roy, dont les oppositions ou appellations et tous debatz et different ressortiront directement au Par­lement de Paris, et que la recepte des deniers desd, douze cens [mil] livres tournois [se] fera de gré à gré et sans contraincte, et sera convenu par led. contract de retenir cinq mil livres de rente pour les fraiz etasseurancesdesd. rentes; aussi que les lettres de l'edict, qui ont esté cy devant publiées en la Court au temps de Vaccations, seront de nouveau encores publiées en lad. Court'-'.
CCLXI. ---- PlONNVERS LEVEZ À PARIS.
i 4 novembre 1562. (Fol. 1.57 r°.)
Du samedy, xane jour de Novembre, l'an mil cinq cens soixante et deux.
Au jour d'huy, a esté expedié mandemens aux seize Quarteniers de la ville de Paris, dont la teneur ensuyt :
De par les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de paris.
k Guillaume Parfaict, Quartenier de Iad. Ville, assemblez voz Cinquanteniers et Dixiniers, et en­joignez aux habitans de vostred. quartier faire chas­cun ung pionnier, garny de pelle, picq ou hoyau,
pour aller et besongner aux tranchées de lad. Ville I3' et lieux où ilz seront conduictz, et faictes la cotization avecq vosd. Cinquanteniers et Dixiniers, le fort por­tant le feuble, tellement que celluy qui ne seraseuf-fisant pour en faire ung n'en fera que demy ou ung quart, et donner ordre qu'ilz soient prestz dès de­main; si n'y faictes faulte, attendu l'urgente neces­sitté que en avons, qui est toute notoire, et nous apportez dedans demain le rolle de la cotization que en aurez faicte.
"Faict le xiiii0 jour de Novembre, l'an mil cinq cens soixante et deux, n
O Le contrat de vente de cent mille livres de rente sur les biens du clergé, dont l'aliénation avait été ordonnée par édit d'oc­tobre 1562, fut passé le 16 novembre suivant par Arlus de Cossé, s' de Gonnor, Christophe de Thou, président au Parlement, Jean Luillier, sr de Boullancourt, président en la Chambre des Comptes, et Charles Le Prévost, surintendant des finances, commis­saires désignés par l'autorité royale, qui déléguèrent ces 1 oo,ooo livres de rente aux Prévôt des Marchands et Echevins, moyennant versement entre les mains du trésorier de l'Epargne d'un capital de onze cent soixante seize mille livres destiné à assurer le payement des gens de guerre ctpour résister aux entreprises des séditieux et rebelles qui se sont élevez contre le Roy, prins et saisy plusieurs bonnes villes, citez et havres de son royaume, et en' icelluy appellé des nations estranges, mesmes les Angloys, anciens ennemis de la couronne!.. Le contrat du 16 novembre fut ratiGé par lettres patentes du 19 novembre, mais ne fut enregistré que le 23 no­vembre à la suite de lettres de jussion envoyées le 19 novembre. (Archives nationales, Parlement de Paris, Ordonnances, X" 8624, fol. 3i6v°, 324.)
(2) Celte délibération se trouve également, de mème que le mandement qui suit, au Registre Z 6826, fol. 26 et 27. "' f3' Ces tranchées se faisaient en dehors du faubourg Saint-Jacques, pour l'assiette du camp où furent installés les Bretons qui arrivèrent le dimanche 15 novembre, sous la conduite de M. d'Etampes ; Ie Journal de l'année 156a (p. 198) nous dit que "ce jour, l'on besongna dilligemment à faire tranchée hors les faubourgs Saint-Jacquesn et que le Roi vint, le 17 novembre, visiter les travaux de fortification qui s'exécutaient en toute hâte à la porte Saint-Jacques.